A propos

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Démarche :

TROUVER MA DEFINITION

Avec l’avènement de l’Art Contemporain, nous sommes arrivé à une période où tout peut être considéré comme de l’Art. Il importe peu que l’œuvre soit matérielle ou immatérielle, qu’elle soit utile ou inutile, jugée belle ou laide, monumentale ou minuscule, qu’elle ait une valeur morale, immorale ou amorale, qu’elle émeuve ou ne produise aucun affect : c’est la simple volonté de l’artiste et la reconnaissance de cet objet comme appartenant au monde de l’art qui en fondent la légitimité.

Peut-être était-il nécessaire d’atteindre cette extrémité mais il est désormais impossible d’aller plus loin dans le sens d’un élargissement du domaine de l’Art et le mot n’a plus de sens dés lors qu’il est ouvert à toute définition. J’en arrive donc à l’évidente conclusion qu’une inversion s’impose dans le sens d’une restriction de définition et c’est à chaque artiste de redéfinir ce qu’il conçoit ou non comme appartenant au territoire artistique.

J’ai pour ma part des pistes quant à ma définition. Kant écrivait dans sa critique de la faculté de juger que “là où il suffit, pour faire, de savoir ce qu’il faut faire, n’est pas de l’Art”. Je partage cet avis et y ajouterai la proposition suivante : “là où il suffit, pour comprendre, de savoir ce qu’il faut comprendre n’est pas de l’Art.” Autrement dit, il n’est pas d’œuvre qui puisse exister par la seule explication qu’on en donne.

Une autre hypothèse concerne la motivation de l’acte artistique. Je m’appuie cette fois sur Nietzsche qui pensait que “l’essence de tout Art, de tout grand Art, est la gratitude.” Il y a effectivement selon moi dans l’acte de création artistique, par opposition à la création pratique, le désir ou le besoin de faire perdurer le sujet de l’œuvre, de l’inscrire par amour dans le registre de l’existant, plutôt que de provoquer un quelconque changement sur l’environnement ou le destinataire qui y sera confronté, ceci n’étant qu’une conséquence tout à fait secondaire. Contrairement à l’objet artisanal, l’œuvre d’Art serait donc le produit final de la motivation artistique et ne serait pas destinée à autre chose qu’exister. Idée qui se rattache peut-être à ce slogan du XIXème siècle qu’est “l’Art pour l’Art”, mais surtout à cette Nécessité Intérieure dont parlait Kandinsky.

Enfin, moins destinée à le définir qu’à expliquer mon rapport à l’Art, une comparaison avec la procréation s’impose. J’ai le sentiment qu’à un moment du processus créatif, l’œuvre devient fœtus : elle prend vie et l’artiste se retrouve entièrement dévoué à son service, jusqu’à ce qu’elle puisse enfin exister par elle-même. Et ce que cherche l’artiste, bien plus profondément que la beauté, c’est la transmission de la force vivante qui est en lui. Son âme peut-être.

J’en suis donc à une définition de l’Art qui rassemblerait la volonté de faire exister et le caractère vivant de l’œuvre ainsi produite ; œuvre n’étant le fruit ni d’un simple savoir-faire, ni d’une simple idée. C’est à dire une notion très proche de la reproduction (non pas au sens de produire à l’identique mais bien au sens de la perpétuation de la vie).

L’Art s’est toujours passé de définition précise et les artistes sont souvent les premiers à franchir les limites du catégorique pour forcer l’évolution. De même, les propositions faites ici sont évidemment ouvertes à la révision.

PEINDRE L’INSTINCT, CATALYSER LA PULSION

Bien que je tente de donner à l’Art ma propre définition, ma démarche demeure bien plus instinctive que réflexive. Ce que je cherche à fixer sur la toile, c’est précisément la pulsion originelle, le désir de peindre. C’est à dire le plus court chemin possible entre le besoin de peindre et la représentation de ce même besoin de peindre, comme si je prenais un cliché instantané, une échographie de ma volonté.

Je m’intéresse de près à la dimension instinctive de la peinture, souvent boudée par les intellectuels. Toutes les explications que j’en donne succèdent à la facture et ne la précèdent jamais. Je ne sais pas ce que je vais faire avant de peindre, auncun dessin préparatoire n’est possible. Les réflexions données ici sur ma démarche n’ont que peu de sens théorique, elles sont des constats récurrents d’une pratique essentiellement intuitive.

EMERGENCES

L’origine de la volonté est sans doute ce qui me fascine le plus mais elle reste parfaitement inaccessible à qui veut la saisir. Car la volonté n’est peut-être que l’idée fausse qui rationalise l’acte a posteriori. Ce que je peins s’en rapproche sans jamais la toucher, c’est le moment de la naissance des forces intérieures, l’instant où la joie éclate, où monte la colère, où le rire se développe, où survient l’orgasme, où gronde la peur, où l’amour s’embrase… L’irrépressible est mon sujet, et particulièrement l’irrépressible volonté de perpétuer le vivant.

Les images qui me viennent pour illustrer ce propos sont assez concrètes : je peins la force contenue dans le coeur de la Terre et ses veines, ce magma compressé sur lui-même et qui parfois surgit comme un mouvement de griffe, monstrueux ou félin, cette lumière sourde, capable de fissure, de fracture, perçant dans les ténèbres par sa volonté propre. Je peins la force qui soulève les tempêtes, ce moment de chaos qui transfigure un espace ordonné, ouvrant par là même les voies du devenir, l’instant qui précède toute possibilité.

INFLUENCES ET REFERENCES

Je pourrais citer des centaines de choses et de gens qui m’inspirent et que j’aime profondément mais je tâcherai de sélectionner ceux qui ont concrètement influencé ma peinture par leur art ou leur pensée : Vincent Van Gogh, Zao Wouki, Jim Delarge, Jean-Michel Basquiat, Friedrish Nietzsche, Emmanuel Kant, Giuseppe Verdi, Igor Stravinsky.

Biographie :

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Matheo de Bruvisso – anagramme de son vrai nom, Thomas Desbouvrie – est un artiste français né le 17 mai 1979. Il vit et travaille à Lyon depuis 2014.

Après des études en Arts Appliqués et en Design (Olivier de Serres, Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art puis Strate Collège Designers), il exerce pendant quelques années en tant que designer freelance (Swarovski, Kenzo, FNAC, Peugeot, PPR, Eurocopter, etc.)

En 2004, il fonde Dirtyphonics. Pendant 10 ans, le groupe tourne autour du monde, jouant pour des foules atteignant 50000 personnes. Un cinquantaine de pays est ainsi visitée (en Amérique du Nord, Australie, Europe et Asie essentiellement).

 

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Depuis l’enfance et pendant ces périodes où il pratique assidûment design et musique, Matheo a toujours peint en dilettante (Expositions à Paris, Amiens, Aix en Provence, Lyon…) mais fin 2013, il quitte Dirtyphonics pour se consacrer pleinement à la peinture.

Sa création est riche et hétéroclite. On trouve dans sa peinture des influences très diverses : de Jean-Michel Basquiat à Zao Wooki, de Jim Delarge à Francis Bacon… Il s’intéresse à l’opposition cosmos vs chaos, à peindre l’invisible, à l’abstraction photographique… Autant de sujets traités de manières différentes.

Puis en 2015 la série qu’il baptise EMERGENCES s’impose à lui : des formes brutes et puissantes jaillissent des profondeurs, la lumière dévore l’obscurité, la couleur s’empare du chaos. Peu à peu ses toiles se rapprochent de paysages abstraits, des mondes prennent vie.

 

Dates clés :

1979 :

Naissance à Poissy dans les Yvelines (78) – France

1998 :

Reçu à l’ENSAAMA (Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Metiers d’Art) – “Olivier de Serres”, Paris

Première exposition de peinture, Gif sur Yvette (Jeunes talents – Chateau de Belleville)

1999 :

Reçu à l’école Strate College Designers (école de design industriel), Issy Les moulineaux

2005 :

CDI en tant que designer chez Subvitamine, Paris

Exposition personnelle de peinture à la Briqueterie, Amiens

2006 :

Designer freelance (design produit, design graphique, design sonore) pour Kenzo, PPR, Honda Motors, Peugeot, Swarovski, Zèbre Rouge, Airbus Hélicoptères, etc.

1er prix au “concours de graffiti” organisé par la RATP. peinture reproduite sur 50000 plans de métro.

Exposition, Mairie de Saint-Nom la Bretèche

2007 :

Exposition “Untitled, documents of street culture” à Paris, aux côtés de Alexöne, Collin van der Stuijs, Rutger Termohlen, et collaboration avec Koa (Olivier Cramm)… galerie l’Issue, rue Quicampoix, Paris

Premier disque de son groupe Dirtyphonics (1er des ventes sur les sites spécialisés)

2008:

Exposition personnelle “Labyrinthes” à la galerie l’Issue, Paris

Première tournée internationale de Dirtyphonics (Canada)

Performance (retransmise en direct sur internet) à la galerie l’Issue, Paris

2009 :

Exposition “Labyrinthes”, Amiens

Tournée de 2 mois de Dirtyphonics aux Etats-Unis

Récompense aux DnB Awards à Londres (“best newcommer producer”)

Exposition personnelle de peinture à Glaz’Art, Paris

2010 :

Tournée mondiale de Dirtyphonics (désormais sur la route plus de 100 jours par an, 45 pays)

Exposition “Take me out 3”, Paris

2013 :

Tournée de 3 mois en Amérique du Nord (40 concerts de Dirtyphonics)

Album de Dirtyphonics sélectionné pour les Grammy Awards 2014

Exposition de peintures et photos organisée par G.Gallery, Paris ( avec les artistes Laura Iosifescu,Tehos, Mocktar Gordon et Iemza)

2014 :

Cours de peinture à l’huile classique à l’Ecole des Chartreux, Lyon

2015 :

Exposition personnelle “Peintures” à l’Espace Culturel Paul Ricard, Lyon

Exposition personnelle “Emergences” à la Galerie Terremer, Lyon

2016 :

Exposition personnelle “Emergences et autres peintures” à l’Anticafé, Aix en Provence

Exposition Collective “Salon de Printemps” à L’orangerie – Parc de la Tête d’Or, Lyon