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Vidéo : exposition personnelle à la galerie Terremer, Lyon 2017

Exposition personnelle à la Cité du Temps, Genève

Nouvelle vie, nouvel atelier au Domaine de Duby !

Pour vivre plus en adéquation avec mes valeurs, pour passer du discours à l’action, j’ai choisi un changement de vie assez radical. Je pars vivre à la campagne, en petite communauté de deux familles. L’idée est d’ouvrir un lieu évènementiel : le Domaine de Duby, qui sera spécialisé dans l’accueil de Mariages et de Séminaires d’entreprises. A côté de ça, j’ai pour projet un grand jardin / potager / verger en permaculture. Vous pourrez en savoir plus sur cette aventure en suivant le « Journal de Duby ».

Bien sur, la peinture continuera d’occuper la plus grande place dans ma vie et ce lieu me permettra d’avoir un très bel atelier, et d’organiser des évènements culturels comme des expositions ou des workshops d’artistes. Affaire à suivre !

Exposition Juin 2017 – galerie TERREMER à Lyon

Poème Lauréat du Grand Prix Printemps 2017 de Short Edition

Sans refuge – poème

Sans refuge

Alors que des égouts sort une fumée grise,
Qui se laisse distraire, emportée par la brise,
Le bleu profond d’un ongle entaille mes viscères,
C’est la main de la nuit qui sur moi se ressert.

Elle attrape mon corps endurci par la crasse
Et fait trembler mes os, dessoudant ma carcasse ;
Mes dents sont trop serrées, ma mâchoire se fend,
Je me prends dans les bras, couché comme un enfant.

Des orgues jouent là-haut, pendues à la gouttière,
Un air sordide et froid, gris comme un cimetière :
La dentition du toit au sourire hypocrite
Se déploie devant moi en mille stalactites.

Un homme en uniforme apparaît dans la brume
Comme un peu de chaleur détachée du bitume.
Il tend sa main vers moi, veut-il me relever ?
Il prend ma couverture et me laisse crever.

In the studio with Matheo de Bruvisso – painting 2016

Nouvelle vidéo filmée à l’atelier !

Le retour de l’enfant

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« Je suis de retour ! m’assura t-il, l’exode est terminé. Brûlée par le fouet de tempêtes glaciales, ma peau s’est endurcie ; j’ai traversé le temps, montagne sans sommet dont je reviens pourtant, j’ai franchi des crevasses et gravi des falaises aux roches torturées, parcouru des sentiers tout de cendres mouillés et senti les brouillards de villes éviscérées.

Lentement, il reprit : j’ai serré dans mes mains des mains qui ne me serraient plus, j’ai vu l’éternité qui scellait des paupières, des yeux qui n’étaient plus des yeux et embrassé des bouches où baignait l’immobile et tout dernier des souffles.

Mais me voilà enfin qui marche sur les mousses, mes semelles trouées laissent passer le jour au travers de mes pieds et la terre m’éblouit. Là-haut, à la cime enfoncée au cœur froid de l’exil, un cratère s’est ouvert où j’ai jeté les ans. Vingt ans d’un coup peut-être ! J’ai laissé l’âge adulte à ce volcan sans fond, à cet antre affamé. Je suis redescendu léger, en chantant et dansant, en regardant le ciel qui changeait de couleur. Car ce que je ramène de ce sombre voyage, c’est un filtre doté d’un merveilleux pouvoir, un filtre qui permet de faire varier le ciel, de l’amplifier parfois, ou bien de le calmer. Et me voilà enfin qui marche sur les mousses. Je suis de retour ! m’assura l’enfant, alors qu’il étendait ses bras dans mes bras, ses jambes dans mes jambes et que mes yeux vieillis voyaient comme autrefois. »

Oiseau noir

Oiseau noir

Ah ! Cet oiseau blessé qui s’isole et se meurt,
Refermant sur son corps son aile et sa grandeur
Et enfouissant les yeux dans la nuit de ses plumes,
Le cou tordu et noir, comme un nœud d’amertume,
Qu’il était libre encore une minute avant
De caresser le ciel, de glisser sur le vent,
De suivre le soleil pour voir durer l’été,
Mais la sourde douleur aura tout emporté ;
Oubliée cette ivresse du vagabondage !
Oubliée cette joie de toucher les nuages !
Tout pèse désormais oppressant les fractures,
De toute sa lourdeur même l’air est blessure.

Il s’est blessé tout seul mais voit des chats partout,
Tout ce qui lui diffère est changé en matou,
Et la graine et le ver et la main salvatrice
Sont tenus responsables de ses cicatrices,
Pourtant autour de lui rien ne montre les dents
Et s’il entend parfois pousser des cris stridents
C’est ceux lointains des oies à qui l’on tord le cou
Que des vents sans poitrail portent jusqu’à son trou ;
Ah ! Cet oiseau blessé qui s’isole et se meurt
A perdu la lumière en fermant sa demeure
Ce petit trou moisi qu’il prend pour son tombeau
Ce pays emmuré, cette cage à corbeaux.

Bernard Stiegler – Esthetique

Sublime analyse de Bernard Stiegler sur l’évolution et le rôle de l’esthétique. Vidéo titrée « A quoi sert l’Art ? Que je remplacerais volontiers par à quoi sert l’Artiste ? » Il y soulève des questions philosophiques mais surtout profondément politiques. Je me sens influencé par ce discours en tant qu’il m’incite à renoncer aux jeux du marché. En tant qu’artiste, je dois demeurer aussi libre que possible de juger dans le champs esthétique, et de créer indépendamment de ce qu’on me donne à penser comme « beau, bon, juste ».