"Sometimes, light hides more things than it shows"

Filtre, poème

Filtre

L’obéissant troupeau se rue sur la fontaine
Sans savoir ce qu’il boit, ni qui est son berger
Il s’abreuve de peur et se nourrit de haine
Montrant d’un doigt tordu la source du danger.

Quand l’homme est animal, blotti dans sa tanière
Comme un gibier peureux, pleurnichard et à cran,
Quand il n’a pour fenêtre qu’un petit écran
Qui déforme le monde en filtrant sa lumière,

On le dresse aisément ! Avec de l’eau salée !
Le poison se dilue comme un sucre invisible
Et l’impure boisson bientôt toute avalée
Est un jus d’excréments qui le laisse impassible.

Il reste dans son trou l’immonde scatophile,
Ne connait rien du monde et le juge pourtant,
Il ne voit pas le fil, ce pantin dégoutant
Qui commande en son cœur la rancœur imbécile.

Le cas est général mais pour conclusion
Il faut en revenir au fait intestinal,
Car je vois des patients qui risquent l’occlusion :
Les tristes électeurs du _____ ________.

Matheo de Bruvisso, 2017

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