"Sometimes, light hides more things than it shows"

Oiseau noir

Oiseau noir

Ah ! Cet oiseau blessé qui s’isole et se meurt,
Refermant sur son corps son aile et sa grandeur
Et enfouissant les yeux dans la nuit de ses plumes,
Le cou tordu et noir, comme un nœud d’amertume,
Qu’il était libre encore une minute avant
De caresser le ciel, de glisser sur le vent,
De suivre le soleil pour voir durer l’été,
Mais la sourde douleur aura tout emporté ;
Oubliée cette ivresse du vagabondage !
Oubliée cette joie de toucher les nuages !
Tout pèse désormais oppressant les fractures,
De toute sa lourdeur même l’air est blessure.

Il s’est blessé tout seul mais voit des chats partout,
Tout ce qui lui diffère est changé en matou,
Et la graine et le ver et la main salvatrice
Sont tenus responsables de ses cicatrices,
Pourtant autour de lui rien ne montre les dents
Et s’il entend parfois pousser des cris stridents
C’est ceux lointains des oies à qui l’on tord le cou
Que des vents sans poitrail portent jusqu’à son trou ;
Ah ! Cet oiseau blessé qui s’isole et se meurt
A perdu la lumière en fermant sa demeure
Ce petit trou moisi qu’il prend pour son tombeau
Ce pays emmuré, cette cage à corbeaux.

Leave a Comment

Let us know your thoughts on this post but remember to place nicely folks!