"Sometimes, light hides more things than it shows"

Le front bas, poème

Le front bas

Quand le front bas et lourd comme un couvercle pèse
Et que les yeux croisés, serrés comme un étau
N’embrassent l’horizon qu’entre deux parenthèses ;
Quand on lit de travers « philosophe au marteau »

Et qu’on a pour crédo son unique patrie,
La croyant survenue d’un œuf sans géniteurs ;
Quand on a grand besoin déjà de gériatrie
Alors qu’on est encore inconnu des docteurs ;

On peut bien croire en tout ! Même en sa fulgurance !
Même en sa loyauté ! Hélas il n’en est rien,
Œdipe est orphelin, triste enfant de la France,
Car tu baises ta mère en un prompt va et vient.

Accorde-moi le peu de la miséricorde
Qui reste en ton esprit quand il est au repos,
Puissent tes abjections pendre au bout d’une corde,
Mon cœur ne veut plus battre au son de ton propos.

Au micro des gueulards, à des banalités
Donnent l’air et l’écho de lois et de principes,
Oubliant cent facteurs à la causalité !
La nuance se perd, le doute se dissipe,

L’émotion se fait Dieu et la raison s’enterre.
Saint-Pierre est endormi, jugement immédiat !
Ici la vérité se tranche au cimeterre
Et son corps exhumé paraît dans les médias.

Aussi notre naïf a le procès facile,
Et promet à la vie des simplifications,
Pourquoi ne pas couper la tête aux imbéciles,
Et couler des mourants dans leurs embarcations ?

Il ne sait pas qu’il est à son tour embarqué
Dans son cocon de con, petit bateau gonflable,
Et quand une tempête se fait remarquer
En crevant son rafiot, il exige un coupable !

L’étroitesse du front, porté comme un drapeau,
Ne saurait accueillir un monde trop complexe,
Alors il circoncit l’espèce par la peau,
Et trône comme un gland dans le sang de son sexe.

Souvent l’olibrius est un dur au cœur tendre
Qui protège la femme et chérit l’animal,
Mais il est parfois sourd et ne veut rien entendre :
Qu’on tue quelques enfants peut être un moindre mal.

Ainsi pour son confort en poussant des soupirs,
Il se laisse amadouer par de pieux rabatteurs
Et conscient qu’il concourt à ce qu’on fait de pire,
Sacrifie l’avenir au prochain dictateur.

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