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Soupe de nouilles

Soupe de nouilles

Tirés d’un néant où tout est là et flotte
Sans lien de parenté, sans demain, sans hier,
Bouillon alphabétique aux nerfs en pelotes,
Soupe de particules très particulières,

Les mots s’unissent pleins de fatalité ;
Une gravitation sans masse les prend,
Une inertie folle, pleine de volonté
Assemble les bouts et tout devient plus grand ;

Inévitablement les lettres s’attirent
Formant des phrases les unes vers les autres.
Dans un bain de laideur, sans pouvoir partir,

L’homme est là, nageant sur le dos, qui se vautre
En se disant poussé par l’inspiration
Enfilant des étoiles… aux constellations.

Dimanche 2 Mars 2014 – Paternité

Depuis hier, 18h12 je suis un heureux papa. Ma fille Léo est enfin là, l’émotion me submerge par vagues sublimes depuis hier. Je me noie dans un étourdissant tourbillon de bonheur et de peur. Peur de ce monde dans lequel elle arrive, peur de ce que nous en avons fait. Plus que jamais je réalise quels monstres sont parfois les Hommes quand je vois la pureté de son regard vierge de toute mesquinerie, de toute bassesse, de toute cruauté. Un regard déjà plein de vie mais dont l’histoire reste encore à écrire. Plus que jamais je ressens le devoir de protéger la beauté du monde et ma volonté de création artistique, car je veux que ses pupilles s’imprègnent de ce qu’il y a de meilleur sur cette Terre. Puisses-tu ma Léo, vivre avec des yeux plus doux que les miens, avec un regard moins dur sur les Hommes et un amour de la vie tout aussi grand.

A Léo

Tu viens de naître mon enfant
Et déjà tu me suis du regard
Sur scène des yeux braqués j’en ai vu un million
Mais les tiens m’intimident
Qui luisent ronds deux disques anthracites
Et je fonds comme un bout de plastique
Car je serai ton guide ainsi que ta maman
Ronquet et Sénéquet veilleront sur tes nuits
Et de nos mains solides nous pétrirons tes jours
Pour que le monde soit ta demeure la plus belle
Que tes chagrins ne soient que des pleurs consolés
Que tes blessures se ferment et que ton sourire tienne
Je t’écris en pleurant mon amour car je t’aime
Quelle tristesse est la mienne en un jour si superbe
Qui brille comme un astre au-dessus des années
Et que je suis heureux à genoux devant toi
Au sommet des sommets
Eclairé par tes yeux

Matheo de Bruvisso, 2 Mars 2014

Un vrai poème

Un vrai poème

Une langue d’abord, vivante ?
Choisir dans le dictionnaire ce qui existe
Et dans l’infini ce qui n’existe pas
Les mots, oui,
Quel ordre mais les mettre dans
Mots, les oui,
Accorder, conjuguer, ou pas
Chui là, ch’suis posey, trankil t’as vu
J’fais des rimes riches, t’as vu
Se laisser aller au lyrisme précieusement ridicule
Je pose un slam parce que j’sais ap’ rapper
Le courage d’écrire et de parler
Oh mais celui de se taire ! Qu’il est grand
Ferme-là donc alors
Ferme-là, il est temps.