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Intuition sur ce qui est

Intuition sur ce qui est

Une seule loi unificatrice ? Non ! Partout la dualité, antithèses coexistantes, pôles magnétiques ! Guerres partout, mouvements partout, échanges partout ! Paix nulle part, stabilité nulle part ! Matière, antimatière ; chaos , cosmos ; la grande condition ! Pas une loi unificatrice mais un système de lois contradictoires, et peut-être seulement deux, dont rien ne laisse place à la chose sinon cette seule contradiction. Avec une seule loi, un seul grand bloc du plus profond néant.diapason

Et peindre dans ce cadre, c’est appuyer l’opposition, le contradictoire, le paradoxal, la confrontation, et retirer ce qui n’existe pas !

Fièvre

Dans le bouillon sanglant du corps des gens meurtris, baignent des créatures qui jamais ne se taisent, qui crient, les mains tendues au travers de leurs côtes ; tendues pour arracher une plume, ou deux, à cette liberté qui passe devant eux, en riant, orgueilleuse aux éclats. Mais de leurs cicatrices encore mal refermées ne sortent que des sons de fumées douloureuses, une musique, verdâtre, qu’ils fredonnent à peine mais que j’entends parfois résonner dans mes mains jusqu’à ce qu’elles en tremblent. Et mes yeux furibonds balancent leur colère dans un profond silence, enflamment des couleurs sur des tableaux noircis, déversant une bile curieusement sublime, se jetant sans filet dans des festins de feu, arrachant à l’enfer cette danse macabre qui plonge tout mon être dans une fièvre joyeuse.

Dieu n’en a pas terminé

Dieu n’en a pas terminé

Mourir et recommencer
Copier, coller, découper, déchirer
Superbe amalgame de dentifrice
Incohérence bien répartie sur brosse à dents
Juste le seulement du best of
Une quantité d’informations dépasse la phrase
Abréviation supérieurement stupide
Supercompréhension
Prière à l’église avec Mr Oizo glouton
Rafistolage de bidons scotchés bateau flotte
Ca tient la route à travers le bitume
On s’enfonce en marchant à mi-surface
Avec des trucs qui remplissent bien les bottes

Un lendemain de fête

Un voile de fumée posé sur le brouillard cachait le bleu du ciel. Mais derrière les nuages en couches successives, de tout son feu brûlait un soleil rouge et or. Il faisait nuit peut-être.

Dans l’air nauséabond et frais, flottaient les résidus d’un cadavre de fête, avec sa graisse et ses cheveux brûlés, dégoulinant sur le bord du trottoir. Des canettes de bières brisées sur le pavé scintillaient sous la lune, il faisait nuit bien-sûr. Un noir en uniforme vert, avec un gilet jaune et un balai moderne, faisait danser les restes, les petits bouts de verre, dont la musique encore sonnait sur le bitume. Les échos de la nuit ne cessaient d’osciller et l’on pouvait entendre les rires de quelques filles subsister dans la rue, bien après leur départ, pendant que dans l’ivresse qui perdurait aussi, des garçons malhabiles leur tapotaient les fesses en pénétrant leur chair inerte et insensible, avec cette animalité idiote que dictait leurs génomes. Des substances étrangères les envoyaient ailleurs, mais ils étaient bien là, avec leurs gestes fous et leurs regards de bœufs. Puis tués par l’ennui, ils tombaient sur leurs lits en ronflant comme des sourds. Et la musique en eux, celle d’un cœur qui battait mollement, était lourde et sans joie.

Crête de l’oscillation

Chaque jour je m’approche un peu plus d’une brûlante joie, un mot incandescent et qui n’existe pas. A force de force, de plongeons dans les flammes, je sens monter en moi les vagues éruptives de mon magma vital, la puissance créatrice qui porte l’impossible et le réduit en cendres, éternel brasier d’où jaillissent des nuées de phœnix, ô tribut du courage que vous me semblez beau, que je vous aime Vie, que vous brillez en moi et me faites briller !

Expression du plaisir de peindre.

Transport

Ce sublime rayon de jaune qui perce en grand trapèze le coton grisaillant, cette lumière douce, au grand cou, qui sent la peau aimée, bienveillante couleur qui sur les toits des villes pose une main bien chaude, cette beauté là, je l’absorbe par grandes goulées, cette lave, je la bois, m’en délecte comme d’un long nectar, d’un miel iridescent qui coule doucement, très doucement, avec sa force à lui, partout dans mes artères, dans mes veines, en inondant le corps de toute sa plénitude. Et cette lumière encore, qui bruisse gentiment au travers des feuillages, qui fait trembler les feuilles en me faisant trembler, cette source à laquelle on s’abreuve quand on est un grand arbre, qu’on a soif de vie, intensément, c’est l’infinie cascade, l’éruption pétillante d’où jaillit la jeunesse de l’âme, un robinet ouvert d’où coule la Jouvence, immense, sans limite, cette beauté là, je l’avale en frôlant l’épectase, jusqu’à la cime des cimes ; et de là-haut, parmi les astres scintillants de tout l’amour du ciel, je regarde l’abysse, profonde, où je retournerai dans un plongeon glacial, au milieu sans milieu de ma grouillante espèce, et bien plus bas encore, pour rebondir toujours et amplifier mon vol.

Mercredi 7 Mai 2014 – Vide

Handicapé je suis
Des relations humaines
Je fouille en moi avec un casque
Pour éclairer les raisons vraies
De ma calamité
La solitude ne se partage pas
Je m’épuise à donner en grattant dans la mine
Je suis une carrière usée
Une planète souillée
Vidée de sa chaire première
Mais j’y retourne encore et de moi-même
A racler ma carcasse
Je n’ai plus à donner
Que du sang sous des ongles
Je suis vide aujourd’hui
Et la rancœur m’emplit
Comme un poison liquide
Je voudrais vous aimer
Mais la bile déborde
Ce que je vois en vous
Est quelque part en moi
Des chiens sont dépecés vivants
Suis-je donc répugnant
Mi homme mi insecte
Au fouet je dompte le chaos
La liberté manque de pudeur

La vérité doit rester bien cachée sous des draps de satin, superbes de couleurs, en voilà une qu’on ne veut pas déshabiller, cette grosse morue qui dégouline de gras, dont l’érotisme meurt quand le voile est tombé. Et pourtant je déchire et j’arrache, un à un en lambeaux les masques de papier, de tissus et d’amour ; je cherche comme un chien au flair trop aiguisé pour n’être pas curieux, je fouille, taupe et aigle à lunettes. Sur elle je fonds, proie sous mes griffes qui se tord de douleur dans un cri de morgule !